Témoignage de Béatrice

Bonjour à tous.
Le témoignage touchant de Béatrice à lire et partager : elle voulait une sleeve, mais a maigri sans INTERVENTION ....
Elle s'est laissée guidée par son intuition et ses émotions.
Un grand BRAVO à toi Béatrice et merci pour ta confiance.
Nora
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Bonjour Nora.

Je voulais apporter mon témoignage, car je n'ai pas été opérée et j'ai bien maigri....je me suis laissé un an de réflexion avant de prendre la décision d'une intervention (je pensais à une sleeve), car j'étais mal dans ma peau et je risquais de perdre mon mari…il voulait que je maigrisse à tout prix sinon il allait me quitter…

Avant de prendre rdv, je suis d’abord allée sur les réseaux sociaux, dans les groupes d'obèses, et j'ai vu des résultats magnifiques. Je me suis dit, c'est LA SOLUTION, mais ce qui était surprenant c’est que toutes les personnes qui témoignaient étaient de nouveaux opérés, à un an, 2 ans mais jamais à 6 ans, ou 10 ans.

Il y a 16 mois, je pesais 120 kg à 33 ans, j'avais un IMC à 40, avec un début de diabète.
Je n'ai jamais fait de sport, je travaille dans une entreprise privée et pour avoir une promotion ou monter de grade il vaut mieux faire du 36… J'ai subi des remarques de ma chef, des moqueries de mes collègues, parfois on me disait que je sentais mauvais...

Je suis partie voir le Pr Chevallier avec l’idée de me faire opérer. Lors de sa table ronde il nous a expliqué quels étaient les avantages et les contraintes de chaque opération, avec des schémas et le pourquoi de ces opérations. C'était très instructif, et tout le groupe a participé à cet échange très riche en conseils en amont de la chirurgie.

Lors de cette réunion d'informations avec le Pr Chevallier, j'ai pris soin de lister les avantages et les contraintes de chaque opération, pour faire mon choix, comme si je devais choisir un vêtement (alors que ce n'est pas moi qui choisit mais c'est lui avec son équipe pluridisciplinaire…) : première erreur.

Ce que j'ai retenu après cette réunion : quelle que soit l’intervention (anneau, sleeve, ou by pass), il faut d’abord comprendre ses erreurs alimentaires avec l'aide d'un(e) diététicien(ne) ou d’un médecin nutritionniste et seule je ne pourrais pas y arriver (je ne serais pas obèse aujourd'hui sinon, d’ailleurs…) ; il fallait aussi faire le point avec un psychologue pour comprendre pourquoi manger me procure du soulagement (et semble me faire du bien).

J'ai listé les avantages et contraintes de chaque opération.

L'anneau, une intervention simple, non agressive et réversible : on vous pose un anneau autour de l'estomac pour avoir une satiété rapide.
Les inconvénients : le fractionnement, supprimer les boissons sucrées et gazeuses, suivre les règles diététiques.
Autre point important, ce n'est pas moi qui décide de resserrer mon anneau en imaginant maigrir plus vite : un suivi est recommandé à vie, l'anneau est resserré sur décision du chirurgien en fonction de la perte de poids et sur avis de la diététicienne.

La sleeve (opération à la mode…), très efficace au début, la perte de poids est spectaculaire : on me coupe une partie de l'estomac et mon estomac est transformé en un long tube ; je dois manger fractionné, suivre les règles diététiques, moins contraignantes que pour l'anneau certes, mais il faut que je prenne des vitamines à vie pour éviter les carences.
Et ce que j'ai compris lors de la table ronde, c’est que cette opération, au départ, était préconisée pour les obèses ayant un IMC à 60 et pesant 300 kg et plus : le chirurgien ne pouvant pas pratiquer un bypass d'emblée, il commençait par une sleeve, le patient perdait pratiquement la moitié de son poids et un an après on lui faisait la sleeve.
La sleeve a donc été créée pour être le premier temps d'un traitement en 2 temps : deuxième erreur pour moi qui ne jurait que par la sleeve…

Et enfin le bypass ou le mini bypass : l'intervention consiste à faire un court-circuit d’une partie de l’intestin. Une fois les aliments digérés, le rapport calorique assimilé n'est pas suffisant et il faut donc prendre des vitamines en supplément. Le Pr Chevallier a là aussi insisté sur le suivi à vie, la nécessité de changer ses habitudes alimentaires et d’un suivi psy pour une totale réussite, un excellent chirurgien qui nous a expliqué avec des mots simples.

Je suis venue à votre atelier, Nora, d’échange d’expériences entre patients opérés et non opérés pour comprendre et en réfléchissant à ces avantages et à toutes ces contraintes j'ai pris peur, car aucune opération n'était simple.
J'ai compris que la chirurgie n'était pas la solution idéale et définitive pour moi quelle que soit l'intervention....et qu'il était urgent de me prendre en main et de m'occuper de ma tête d'abord pour soulager mon corps de ses kilos.
J'ai pris un rdv avec un premier psychologue qui m'a déçue, alors mon médecin traitant m'a suggéré de changer de psy, ce que j'ai fait.
Je le voyais une fois par semaine, au bout de 9 mois j'ai compris la cause de mon obésité grâce à son travail. C'était lié à mon enfance, je viens d'une famille bourgeoise avec une mère autoritaire, nous étions 2 sœurs et ma mère avait une préférence pour ma sœur qui était mince et beaucoup plus jolie que moi. Et j'ai beaucoup souffert de cette différence, moi j'étais le vilain petit canard, et je me réfugiais dans la nourriture. Et puis après avec mon époux qui voulait une femme mince… cliché de cette société où quand vous êtes différente vous n'êtes pas la bienvenue, on vous stigmate : si vous êtes grosse, c'est que vous mangez beaucoup et que vous êtes bête...

Grâce à cette psychothérapie, aujourd'hui je suis heureuse. J'ai perdu 50 kg, je suis à 70 kg avec des rondeurs, je ne ressemble pas à un mannequin de magazine, mais j'aime mon nouveau corps et mes rondeurs, j'ai repris confiance en moi, j'ai changé de travail, j'ai pris un poste à responsabilité où je m'éclate…et j'ai quitté mon mari, aussi.

Et j’ose le dire, oui, je suis belle ! Même avec mes 70 kg.

En résumé, grâce à ce changement provoqué par moi-même, j'ai pu comprendre mes erreurs alimentaires, mon médecin nutritionniste m'a aidé à me structurer, à cuisiner, à me faire plaisir, à ne surtout pas faire de régime mais plutôt manger de tout en petite quantité sans être frustrée, et mener une vie saine. Bien sûr l'activité physique aujourd'hui fait partie de ma vie, je fais 2 à 3 heures de gym par semaine en salle et je cours le dimanche pendant 1 heure, le sport a contribué à redorer mon image. J'ai (ré)appris le goût du défi, de la persévérance, j’ai retrouvé la volonté et l'envie de progresser.

MERCI Nora pour votre implication et votre dévouement. Vous créez le lien pour éviter l'isolement, nous redonner confiance et nous motiver à nous lancer nos propres défis, parce que nous sommes toutes et tous exceptionnels...ce sont vos paroles...

Je serai la première dans La Maison de Nora.

A très vite.
Béatrice.

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